2/28/2007

Hannibal: un serial-killer à visage humain.

Mon affiche: Hannibal Lecter: ma critique

Je dois être l'un des rares spectateurs à pouvoir regarder la saga "Hannibal" dans son ordre chronologique. J'étais donc d'autant plus apte à voir le film sans à priori, n'ayant vu ni "le silences des agneaux" ni les autres (c'est pas mon genre de films).
J'avoue que j'étais curieux mais moyennement enthousiaste, je m'attendais à une superproduction overdosée de violence gratuite.
Finalement j'ai aimé ce film et à plus d'un titre...


Déjà, comme l'ont signalés plusieurs journaliste, le choix de Gaspard Ulliel pour le rôle rend le film très intéressant, car il prête sa photogénie et son visage mi-enfantin mi-démoniaque (ne dit-on pas la beauté du diable!) à un personnage hors du commun: un serial killer en herbe!...
Il faut dire qu'avoir une large cicatrice sur la joue est plutôt emblématique pour un cannibal qui dévore les joues de ses victimes! D'ailleurs Peter Webber joue beaucoup sur le visage de Gaspard en le filmant tantôt dans l'innocence, tantôt dans la perversion revancharde. En fait ce film m'a un peu rappelé "créatures célestes" (oeuvre inclassable) car pour une superproduction américaine c'est plus près du film d'auteur que du coup marketing.
Maintenant il y a quelques incohérences (anachronismes vestimentaires) et quelques lourdeurs inhérentes à ce type de film, mais la composition de Gong Li et de Gaspard rend le film intrigant et haletant jusqu'au bout.
Ce qui m'a plu c'est que c'est avant tout un drame psychologique et une réflexion sur la guerre.
"Les origines du mal" soulève plusieurs questions dont une principale: peut-on et doit-on survivre au horreurs de la guerre?


Car de fait, dans le contexte historique, le film nous donne à voir qu'Hannibal n'est pas le vrai monstre de l'histoire car il est face à pire: les anciens nazis tortionnaires reconvertis dans une vie ordinaire et restés impunis: et c'est bien là l'injustice que voit le spectateur.
Hors le plus horrible dans ce film n'est pas la violence esthétique mais bien l'horreur psychologique et émotionnelle à laquelle a été confronté le jeune Hannibal.
Survivant psychotique de la guerre, petit prince devenu misérable, l'enfant ne vit que comme un fantôme impulsif pendant de longues années avant de retrouver une énergie vitale auprès de sa tante japonaise (la remarquable Gong Li). Malgré tout, hanté par des visions (comme beaucoup de survivants) il ne vit que pour la vengeance et à abandonner presque toute morale et bienveillance. Pour se venger il va jusqu'à s'efforcer de chercher en lui-même ses pires souvenirs.
Mais de tout le film, jamais Hannibal ne s'autorisera à survivre à son histoire, il s'interdira à jamais le bonheur et la "rédemption".


Comme le précise le personnage de l'inspecteur, le jeune Hannibal est mort une première fois enfant et aujourd'hui il n'est qu'un zombi de chair guidé par la main d'une justice casi-divine. La morale est complètement retournée dans ce film: les anciens nazis montrés tantôt comme des simples d'esprit sanguinaires ou comme des monstres de machiavélisme sont le centre des cercles vicieux de l'histoire; le fait même qu'ils aient survécus et qu'ils vivent une vie luxueuse et rangée est insupportable et on attend leurs morts avec impatience. Mais l'intrigue n'est pas simpliste car l'un des nazis semble presque avoir des regrets sincères et l'autre à qui Hannibal fait semblant de laisser la vie sauve s'illustre comme l'image même du lâche et du traître.
Malgré le côté thriller divertissant, nous savons bien que ces histoires de guerre et ses criminels impunis ne sont pas si éloignés de nous et de la vérité.
Tel un ange déchu, Gaspard endosse le personnage d'Hannibal avec une facilité et une sincérité déconcertante. Et du fait même de sa jeunesse, de son intelligence et de son sens de la justice déshumanisé il est extrêmement attachant et l'on se retrouve dans des sentiments ambigus face au serial-killer, exactement comme sa tante.
Hannibal a t-il raison ou tort de refuser le bonheur pour plonger dans son cauchemar?
Et puisque c'est un film "américain", je repense aux principes moraux de ce pays...

Qu'importe qui nous sommes, avons-nous tous droit au bonheur?
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3 commentaires:

Hannibalisme a dit…

Ton blog est très sympa ^^ très jolie créa !!!!
Juste une petite modif Hannibal Rising n'est pas americain mais Il s'agit d'un film policier franco britannique. (L'adresse de mon blog http://hannibalisme.skyrock.com/

Ava a dit…

Well written article.

Anonyme a dit…

Je n'ai regardé ce film en raison de Gaspard Ulliel. Même s'il est un killler série, il est encore belle.

S'il vous plaît consulter mon blog sur lui aussi: http://allgaspardulliel.blogspot.com/